• La GRÈVE DES HAMSTERS. Quelle politique pour nous sauver de l’économie ?

    La GRÈVE DES HAMSTERS. Quelle politique pour nous sauver de l’économie ?


    Une réunion publique est organisée à Rennes le jeudi 29 janvier à 17H pour discuter de l’économie, de ses crises, de nos pratiques pour s’en délier et de la possibilité d’en sortir par la, une, le, des politiques. Voici le texte invitant à cette réunion.

     

          Depuis 2 mois, la lutte s’organise face aux réformes gouvernementales relatives au « marché de l’emploi » : fusion ANPE/ASSEDIC en un Pôle Emploi dont le seul but est de faire du chiffre, Offre Raisonnable d’Emploi (ORE) qui soumet encore plus les chômeurs-euses aux diktats de l’économie, RSA qui permet de maintenir une couche de travailleuses-eurs pauvres et « flexibles »... Né de cette contestation, le Mouvement des Chômeurs-euses et Précaires en Lutte (MCPL) combat ces politiques à travers des actions de solidarité avec les agent-e-s ANPE ou des occupations d’agence. Mais il faudrait être aveugle         pour  ne pas voir que ces réformes répondent à une logique plus générale : celle qui soumet l’humain aux impératifs de l’économie. Voilà le constat que nous faisons : l’humain est réduit à n’être qu’un-e agent-e économique.

     

    Cet-te agent-e économique recouvre une dualité : il/elle est à la fois un producteur-trice et un consommateur-trice. Travailler pour subvenir à ses besoins est une évidence. Mais le système capitaliste reprend à son compte cette évidence pour le mettre au service de la divine économie.

    Dans cette logique, l’humain n’est qu’une variable d’ajustement parmi d’autres, dont on jauge la valeur à l’aune de sa stricte rentabilité, condamné à être mis en concurrence sur le marché du travail. Cette économie, prétendant à l’universel, ne peut exister qu’en tendant à se subordonner, et finalement à absorber, toute politique qui ne ferait pas allégeance à ses lois, si bien qu’on peut la définir comme la politique du capitalisme. Politique qui veut la disparition du peuple comme sujet politique, et nécessite le maintien d’une séparation étanche entre dirigeants prenant les décisions et agents économiques, simples exécutants.

    Les actions de réappropriation menées dans les supermarchés ces derniers temps visent ainsi à contester les structures mêmes de la société capitaliste qui réduisent l’humain en producteur/consommateur de la société-entreprise. Certains y ont vu des « robins des bois des temps modernes » pensant que le MCPL aurait pour seul but de palier les inégalités générées par le système en menant des actions philanthropiques. Il ne s’agit pas, ici, de « sauver les précaires » mais bien de proposer et de pratiquer des actions susceptibles d’être reprises.

     

    Le début de ce qui ne serait plus une contestation mais une révolte consisterait à refuser la réduction de l’homme à sa fonction économique. Et non de simplement dénoncer les marges folles des supermarchés qui lèsent autant producteurs-rices que consommateurs-rices. Révolte aussi entendue comme volonté commune de s’affranchir des lois du marché en expérimentant des pratiques politiques porteuses d’une conflictualité envers le système capitaliste.

     

    Le but de nos actions vise bien à contester cette mutation anthropologique qui fait de l’humain un Homo oeconomicus. Le rejet de cette figure ne peut se faire sans une interrogation sur la notion de travail. Accordons nous pour dire que le « Travailler plus pour gagner plus », quand il nous semble bien difficile aujourd’hui de dire quand s’arrête le travail (pas dans les embouteillages, ni dans les centres commerciaux...), et qu’à y bien regarder, nous travaillons toujours plus pour « rester compétitifs » et gagnons de moins en moins pour... « rester compétitifs », accordons nous pour dire qu’il n’y a rien de spécialement « méritoire » là dedans. Ou encore, que travailler à la manière du hamster faisant tourner sa roue parce qu’il ne sait pas faire autrement, est la conception à combattre. Le « marché du travail » est l’instrument d’une machine économique qui n’a pour fin que sa perpétuation et qui ne tolère que des formes de travail rentables. Travailleurs-euses sociaux-ales, agriculteurs-rices, artistes, ouvrier-e-s, enseignant-e-s... Soyez efficaces et productifs-ives ! Ce qui est reproché aux chômeurs-euses, c’est de ne pas participer à cette course collective vers la production de richesses matérielles. Face à cette injonction, nous serions alors des chômeurs-euses ne demandant pas d’emploi !!! Ou des hamsters faisant grève...

     

    Dans ces conditions pourrions-nous ainsi dire que l’affranchissement vis-à-vis de l’économie serait le début de la politique ? Que la destruction de notre essence économique serait l’affirmation de notre existence politique ?

     

    Face aux licenciements massifs que l’on nous promet en ces temps de « crise », la revendication « Non aux licenciements » n’est intéressante que si elle permet de poser les questions fondamentales permettant aux salarié-e-s de s’affranchir de l’économie, de ses crises et de ses administrateurs. La « crise » révèle avec encore plus de force à quel point il devient nécessaire de s’organiser collectivement sans rien attendre de quelconques dirigeants : cantines populaires, actions de réappropriation et de redistribution...

     

    Nous ne pouvons plus attendre et n’arrivons plus à nous faire d’illusions quant au fonctionnement de l’économie capitaliste. C’est pourquoi nous souhaitons ouvrir notre mouvement à toutes celles et ceux qui partagent ces constats et ces questionnements lors de la :

     

    REUNION PUBLIQUE, Jeudi 29 JANVIER, 17 heures, local si on se parlait, 19 bis place Sainte Anne

     

    Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte, 22 rue de Bellevue, 35000 Rennes mcpl2008/at/gmail.com

     

    QUELLE POLITIQUE POUR NOUS SAUVER DE L’ECONOMIE ?

     

    Notre existence en tant que sujets politiques ne nécessite t-elle pas une rupture avec notre condition d’agents économiques ? Quelles pratiques cela impliquerait-il, quels changements dans nos manières d’envisager et de vivre la communauté, le travail, la politique ? En définitive, quelle politique pour nous sauver de l’économie ? La grève des hamsters !?

     

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